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Groupement Professionnel - Informatique, |
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Compte-rendu du dîner-débat du 9 octobre 2001
La guerre de l'information au niveau étatique Commissaire Principal Hubert MARTY-VRAYANCE Depuis quelques mois, la presse et les maisons d’éditions font étalage d’articles sur la guerre de l’information que se livrent les Etats. Il faut dire que celle-ci est réelle, et a été rendue possible par la création d’organismes spécialisés dans l’interception des communications internationales dans la plupart des pays développés: la National Security Agency aux Etats-Unis (NSA) dès 1952, les Government Communications Headquarters (GCHQ) au Royaume-Uni, la Défense Signals Directorate (DSD) en Australie… La Chine, Israël, l’Inde ou encore le Pakistan sont également équipés de systèmes d’écoute performants. Cependant le terme de " guerre " risque d’occulter le fait que des accords ont été signés afin de permettre les échanges d’informations entre états (accord URUNA par exemple). Risques et menaces Il est tout d’abord intéressant d’identifier les risques encourus, ainsi que l’origine des attaques. Les moyens techniques visés sont tous les modes de communication autres que papier (renseignement traditionnel) : les radiocommunications, les faisceaux hertziens, Internet bien sûr, mais aussi les satellites et les câbles sous-marins. Bien entendu ces différents canaux ne sont pas facilement attaquables, du moins par des structures non étatiques. La menace prend plusieurs formes : la forme ludique, la forme avide (80% des cas), la forme terroriste et la forme stratégique (espionnage d’une entreprise concurrente). Il est d’ailleurs intéressant de rappeler qu’aux Etats-Unis des listes d’entreprises ayant perdu des marchés à cause d’Echelon (système d’écoute Anglo-Américain) sont régulièrement publiées, et que nombreuses sont les entreprises françaises mentionnées dans ces documents. Aspects juridiques Face à cette menace certains états ont tenté d’assurer la sécurité collective, notamment en rédigeant des lois pour la protection des intérêts fondamentaux de la nation (article 410-1 du nouveau code pénal en France) : Sont principalement punis la collecte et la divulgation d’informations à des puissances ou organisations étrangères, le sabotage (fait de détruire, détériorer des documents ou de modifier le comportement de systèmes d’information automatisés) et la fourniture de fausses informations. Cependant cette loi se limite aux intérêts de la nation, et ne protège généralement en rien les entreprises ou individus. Il existe pourtant une responsabilité en " sensible non classifié de défense " : L’article 226-13 du code pénal rappelle que " la révélation d’une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire […] est punie " ; La loi Informatique et Liberté restreint également l’utilisation de toute information nominative (notamment en ce qui concerne la communication à des tiers non autorisés). Echelon Le réseau ECHELON est le premier réseau d’interception de communications au monde. Il regroupe plusieurs pays qui ont en commun d’être anglophones : Les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ce réseau regroupe 7 stations d’interception aux USA, 4 en Europe (1 en Allemagne, et 3 en Grande-Bretagne), et 4 dans le pacifique (dans les pays membres). Il permet aux pays membres de contrôler la plupart des communications par téléphone, e-mail ou télex dans le monde (rappelons que 26% des attaques subies par les systèmes informatiques français en 1999 sont d’origine géographique américaine). Contrairement à la situation en France, ces interceptions ne se cantonnent pas à la politique internationale ou à la lutte anti-terroriste ; elles jouent également un rôle économique et stratégique. Conclusion La guerre informationnelle au niveau étatique est aujourd’hui une réalité et la France n’est pas en retard dans ce domaine (pour preuve, les récentes modifications légales concernant le cryptage) mais elle n’est pas la mieux placée. Elle souffre en revanche d’un retard considérable en ce qui concerne l’utilisation des informations collectées par des organisations non étatiques (utilisation par de grandes entreprises). Les questions furent très nombreuses du fait d’une actualité politique très chargée. Jean-Antoine Bord, |