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Compte-rendu du dîner-débat du 25 septembre 2000
L'impact des nouvelles technologies sur les entreprises et sur l'emploi Eric HAYAT, président de la fédération SYNTEC Centrale
Informatique Electronique et Télécommunications a réuni le lundi 25 septembre
près de 100 Centraliens, pour un dîner-débat animé par M. Eric HAYAT sur le
thème de « l’impact des Nouvelles Technologies de l’Information et des
Communications (NTIC) sur les entreprises et sur l’emploi ». Président de la Fédération SYNTEC, vice-président
de STERIA et président du conseil de surveillance du groupe STERIA SCA, Eric
HAYAT est également membre du conseil exécutif du MEDEF et du conseil
d’administration de France Télécom. C’est à la lumière de ses différentes
charges qu’il a exposé comment l’arrivée des nouvelles technologies
(micro-informatique, téléphonie mobile, Internet, réseaux intranet et extranet
etc.) dans les entreprises bouleverse l’économie moderne et soulève de
nouvelles problématiques notamment en termes de structures d’entreprise et
d’emploi. « Nouvelles technologies » et « nouvelle
économie » sont devenus des termes récurrents. Réalité ou phénomène de
mode ? Il convient tout d’abord de
distinguer ces deux notions et de ne pas limiter la nouvelle économie au secteur
des nouvelles technologies. En effet, il faut entendre par « nouvelle
économie » l’utilisation de ces nouvelles technologies par toutes
les entreprises. Des faits économiques incontestables attestent de la
réalité et de l’ampleur de ce phénomène. En France, on estime qu’aujourd’hui
plus de 20% de la croissance est due au secteur des nouvelles technologies. En
trois ans, 20 000 entreprises ont été créées dans ce secteur qui représente
aujourd’hui 5% du PIB national, soit autant que les secteurs de l’énergie et de
l’automobile réunis. Ce développement fulgurant se traduit par des
changements majeurs sur le marché dont la tendance actuelle est à la
convergence et à la globalisation de l’offre. Les frontières deviennent de plus
en plus floues entre les offres éditeurs, les offres constructeurs, les offres
opérateurs…Un tel potentiel de développement rend les enjeux financiers
colossaux. Non seulement toute l’économie mais aussi toute la vie (sphères
publiques et privées) sont concernées. Tout s’accélère. Ainsi la principale
problématique des dirigeants et des stratèges est-elle de s’adapter à ces évolutions technologiques et économiques. Les moteurs de cette croissance sont
technologiques : performance des télécoms, mobilité, Internet,
augmentation de la puissance de calcul (Loi de Moore)… Mais ils sont aussi et
surtout économiques et structurels : croissance économique, fusions - acquisitions
des grands comptes, désintermédiation, dérégulation et arrivée de l’EURO en
2002. Le domaine d’application de ces nouvelles technologies qui
concernait principalement les applications personnelles il y a dix ans
(traitements de texte, tableurs…) s’est déplacé vers les communications et
l’accès aux systèmes centraux des entreprises. Les systèmes d’information sont
devenus l’enjeu stratégique clé pour toutes les entreprises, la condition
nécessaire de leur compétitivité. Mais le phénomène le plus marquant constaté
par le SYNTEC dans son secteur (les professions de l’ingénierie, des services
informatiques, des études et de conseil) est la priorité donnée aux
applications clients. Les systèmes d’information des entreprises de tous les
secteurs économiques sont revus afin d’intégrer les sphères SCM (Supply Chain
Management), e-business et e-commerce, et CRM (Customer Relationship
Management). Cette dernière sphère, à la croissance la plus rapide, conjugue les
développements du marketing one to one, de la connaissance fine du client, des
centres d’appels et des programmes de fidélisation pour n’en citer que les
principaux. L’ e-business, quant à lui, ne se réduit pas à l’e-business
« création » (celui des start-ups) mais recouvre surtout l’EAI
(Enterprise Application Integration) et l’e-business « adaptation »
dont le but est de créer une intégration totale de la chaîne
fournisseurs-entreprise-clients afin de coller au plus près aux besoins du
client. En effet avec Internet on assiste au retour à une personnalisation de
l’offre matérielle et de services. Ainsi dans ce nouveau panorama en perpétuelle évolution
les dirigeants doivent repenser et adapter les structures de leur entreprise.
En termes de recrutement tout d’abord : toutes les entreprises notamment
celles du secteur des nouvelles technologies voient leur développement freiné
par la pénurie d’ingénieurs et sont de ce fait amenées à faire preuve de plus
en plus d’ingéniosité dans leurs techniques de recrutement. Dans ce contexte de
croissance où tout semble possible, les risques potentiels ne sont cependant
pas inexistants. La bulle financière, la baisse des marges (notamment due aux
35 heures en France) et les délocalisations de plus en plus présentes ne sont
pas à négliger. Dans une économie orientée vers une offre de plus en plus
personnalisée, l’entreprise moderne se doit donc de privilégier, autour d’un
objectif de rapidité, les partenariats, le positionnement dans l’e-business, le
développement externe et international, la restructuration de son offre et le
recrutement. Au terme de l’exposé, la traditionnelle séance de questions
a principalement axé le débat sur le thème de l’emploi, notamment sur le
recrutement dans le secteur informatique (opposition entre la situation des jeunes
diplômés fortement sollicités et situation des plus de 45 ans) et sur les 35
heures. Béatrice
MOLLA (option SIT, promo 2001) |