[ Les Centraliens sur le Web ]
Activités du Cercle Généalogique



VOYAGE CGDC à REIMS 26 et 27 mai 2009 (photosà venir)

Participants : Six couples, soit DAGRON, DENIS, DUCHATEAU, LAFEUILLADE, PETIT et PERRARD.

Pour préparer notre voyage dans les conditions idéales, nous avions joué sur un concept bien connu et toujours éprouvé : la solidarité centralienne. La méthode est très simple : un coup d'œil dans l'annuaire piston qui reste en permanence sur un coin de notre bureau, un coup de fil à un camarade habitant dans le coin, et nous voila en contact avec Jacques RENARD (46) qui va nous aider à découvrir sa propre région, avec toute l'aide que l'on peut attendre d'un ami intime. C'est cela, la solidarité centralienne.

Pour ce voyage, la solidarité avait emprunté les yeux bleus et le large sourire de Christine, la bru de notre camarade local, qui nous a accompagnés lors de tout notre périple, avec talent et gentillesse. Cela nous a permis de tout voir, de tout comprendre et de tout apprendre sur cette ville de France qui ne se résume pas seulement dans les bulles d'une coupe de champagne.

C'est ainsi que nous avons d'abord découvert l'existence de la ville romaine, bien située au carrefour des routes de l'étain et du fer, dont il ne reste malheureusement plus beaucoup de trace d'habitat, après les passages des bandes de barbares lancées sur cette grande voie d'invasion qu'est le plateau champenois. Mis toutefois à part la porte de Mars, à l'extrémité nord du " cardo " , la plus large d'Europe, et sous laquelle notre groupe a réalisé la photo classique des envahisseurs d'un jour (Le cardo est la grand rue Nord/Sud de toute ville romaine, par opposition au décumanus d'axe Ouest/Est).

Le saviez-vous ? La Champagne était un pays pauvre où paissaient quelques moutons, dont la laine a fait la relative prospérité des lieux. Un ancêtre de notre hôte en a profité pour fonder sa propre entreprise de filature de flanelle, mais cela est une autre histoire, que nous citerons entre généalogistes…

Vous savez aussi que Reims a beaucoup souffert des combats de la première guerre mondiale, ce qui explique que lorsque le rémois parle de la guerre, sans préciser laquelle, vous pouvez être certain qu'il parle de la première. La raison en est simple : suite à celle de 1870, la frontière s'étant rapproché, les militaires avaient décidé de créer une double chaine de forteresses face à l'ennemi prussien, dont quelques forts à 5 km. à l'est de la ville. Ceux-ci sont tombés très vite en 1914 aux mains de l'armée prussienne, qui pu de là bombarder la cité défendue par les renforts de Joffre amenés par les fameux taxis de la Marne. C'est pour cela que la métropole fut détruite totalement, il ne restait que quelques maisons debout. La cathédrale elle-même fut touchée par un obus incendiaire, qui mit le feu à l'échafaudage en bois de la tour nord, et la toiture prit feu à son tour. L'incendie fut terrible, on voit encore au musée de Tau les gargouilles de pierre crachant à pleine gueule le plomb fondu des toitures…

Après la guerre, il fallu tout reconstruire. 400 architectes se sont partagé la tâche. La ville prit alors un nouveau visage, large perspective de rues aux façades curieusement modernes pour l'époque, mélange de styles nouveau et contemporain.

Car il faut vous apprendre quelque chose. Le style nouveau, qui fleurit entre Napoléon III et 1914 (mais reste à la mode après la guerre) est constitué de courbes monumentales et de décorations florales exubérantes, que l'ont retrouve ailleurs sous le style " nouille ". Le style art déco est plus classique dans sa construction (inspirée souvent du grec) et c'est la décoration, à la fois géométrique et florale, qui le distingue ; il se généralise après l'exposition de 1925 et reste en vogue jusqu'à la 2e guerre. Nous ne dirons rien des styles modernes tels que ceux présentés sous le pseudonyme " œuvres d'art " dans les crayères romaines de Pommery , pour ne pas nous fâcher avec certains de nos lecteurs…

Un mot sur un bienfaiteur de la ville, l'industriel sidérurgiste Andrews Carnegie, qui a consacré sa fortune à la culture en finançant entre autres la reconstruction de la bibliothèque municipale ; un modèle d'art déco malheureusement fermé à la visite par la CGT pour raison de grève nationale … Mais la persuasion de notre guide a entrouvert quelques portes…

Revenons au moyen âge et aux splendeurs de la cathédrale. Après des colossales réparations, la pierre ayant éclaté sous la chaleur des incendies, il a fallu refaire des éléments de décorations et au musée, on peut aujourd'hui admirer de près, à les toucher, les colossales statues des rois et saints de les façades, statues hautes de 5 à 6 mètres.
On peut aussi évoquer l'exceptionnelle épopée des sacres royaux. Chacun connaît l'histoire du saint chrême et le détail des cérémonies royales, mais il est très émouvant d'admirer au trésor de Tau les croix, les calices et le fameux talisman de Charlemagne.
Et puis, pour ne pas oublier le fondateur de la ville, nous avons fait un pèlerinage à la basilique de Saint Rémi, une splendeur romane où nous eûmes la chance de croiser le bedeau qui nous a ouvert les portes du tombeau et en a sorti le reliquaire contenant les restes du saint. Un instant de grande émotion.

Il fallait bien terminer par le champagne, et l'incontournable visite aux caves de Pommery. L'occasion de découvrir une merveille récemment rouverte après travaux, la villa " demoiselle " du nom de la célèbre cuvée imaginée pour les dames. Parfaitement reconstituée, avec une grâce et une minutie sans égale, et suivi d'une dégustation de champagne, on passe une demi-heure de ravissement des yeux et de l'âme.